Cabot increvable

Soins communautaire & créations

★ Survivre, panser les plaies et prendre soin les un-e des autres
★ Artisanat lent, imaginé pour apaiser

Étiquette : personnel

  • Tout ce que je fais est nul

    J’ai réouvert le dossier dessin de mon ordinateur pour voir ce qu’il y avait dedans. Et en fait c’était pas si mal, même plutôt bien. J’avais pourtant arrêté de dessiner car je supportait plus de systématiquement me décevoir, de toujours trouver ce que je fais moche, de ne jamais arriver à un résultat satisfaisant, de toujours finir par me sentir mal des échec que je continu d’accumuler, sans jamais être à la hauteur des exigences. J’avais besoin d’une pause et maintenant que j’ai vu que c’était bien ce que j’avais fait, j’ai mesuré l’énorme fossé entre ma perception et la réalité. Je savait qu’il était là, mais je ne l’avait jamais vu. Ca à été de courte durée, maintenant que je les ait bien regardés je les trouve à nouveau affreux et je doute à nouveau de la réalité de la taille de se fossé et même de son existant. Je pourrais sans soucis vous citer tout ce qui est raté en détail dans chacun de ces dessins…

    Pourtant le dessin c’était mon échappatoire, là où je mettait mon attention, mon énergie, là où je donnait un espace pour montrer mes intérêts, puis plus tard là où j’exprimais tout ce qui me rongeait de l’intérieur sans être capable d’y mettre des mots.

    Mais voilà j’ai eu beau dessiné j’ai continué d’être rongé jusqu’à ronger ma capacité à apprécier ce qui m’a le plus motivé dans ma vie.

    Le dessin était une grosse part de moi il faisait partie de mon identité, mais tout ça n’est pas qu’une histoire de dessin… Ca à rongé toute ma vie, tous mes projets. En fait je n’ai jamais fait aboutir les projets que j’aurais voulut lancer, pourtant j’y tenait vraiment à cœur. Au début je les lançait puis les abandonnait, maintenant je me contente de les imaginer sans jamais les lancer. Tous tué dans l’oeuf. Pratiquement 40 ans de vie et toujours rien fait de ce que je voudrait. Pas de travail, pas d’argent, pas de compétences, pas de vrai maison, pas vraiment de famille, pas d’amis proche, pas de sorti, pas de passé, rien à raconté, rien que de la survie. Ca c’est un fait réel pas des « croyances ». Survivant, mais pas vivant. Je suis resté cet enfant qui arrête de bouger pendant des heures pour voir ce que ça fait d’être mort.

    Quelqu’un m’a très tôt fait comprendre que mon corps n’avait pas de valeur, pas de limites à respecter, ne m’appartenait pas vraiment. Ensuite un parent m’a encré cet apprentissage en répétant que, je ce que je fais, n’est pas assez bien, que je doit faire mieux, sans pour autant m’aider. A côté, l’autre parent m’obligeait à dépasser mes limites et à ignorer mes besoins jusqu’à ce qu’ils disparaissent pour moi aussi.

    C’est un venin qui est entré dans tout mon être et qui me ronge car tout est un échec, rien ne sera jamais bien. Et maintenant j’ai mon bourreau à l’intérieur, je lutte, je me tord je m’épuise à essayer de le changer, mais lui il ne bouge pas d’un pouce, il reste impassible à mes efforts et fait s’éffondrer d’un clignement de paupières, tous mes chateaux qu’ils soient de carte ou d’acier. Alors je n’ose même plus construire de chateau.

    D’ailleurs nous verrons bien combien de temps ce projet tiendra, j’ai eu la force de le commencer, mais j’ai bien du mal à croire qu’il mènera loin ou qu’il ai le moindre intérêt. J’aimerais et je m’efforce d’y croire, mais au fond c’est là, ça attend son heure, comme elle vient toujours.

    Je vais peut être me remettre au dessin et à l’artisanat. J’ai envie, je l’ai qui bouille en moi et qui veut sortir, mais j’ai peur de me remettre, encore et encore, dans cette profonde certitude d’être sans valeur…

    Je connait déjà tout le bullshit pseudo-profond, les injonctions à croire en soit et être positif qui ne font que me sentir encore plus mal d’être à se point mauvais même dans le fait d’être mauvais… J’ai déjà tout intellectualisé, réfléchis dessus, compris que c’était pas réel, que c’est des traumas, tourné tout dans ma tête des heures et des heures pour comprendre chaque détails et même « parlé à quelqu’un » de ça. Ca ne change rien, la destruction arrive peut importe que je la comprenne ou que j’en ai parlé.

    J’aimerais un remède, je sais qu’il n’y aura pas de magie, mais je me dit qu’il doit bien y avoir un moyen. Je continue d’explorer les ressources que je vous ai déjà partagés sur les traumas, mais en attendant, si vous avez du contenu, par et pour les concernés, concrets et réalistes j’aimerais beaucoup le connaitre.

    Et puis si vous êtes dans la même galère j’aimerais bien le savoir comme ça on se sentirait un peu moins seul-es ensemble.

    J’ai essayé d’être le plus vrai possible, de m’empêcher de lisser et polir tout pour rendre bien présentable. Par pour de la pitié, de la conpassion, de l’attention ou quoi. C’est pour être honnête sur ce que je vis, avec moi et ceux qui vivent la même chose.


    Dans
  • Ce que jai appris sur l’EMDR

    J’ai fait de l’EMDR pour mon trauma complexe. Ca marche bien pour moi, par contre c’est pas tout rose.

    Il faut faire attention il y a beaucoup de psy-machin qui proposent de l’EMDR et font n’importe quoi avec, ce qui peut amplifier les problèmes. Ma première psychologue faisait ça très mal et ça n’avait aucun intérêt (à part financier pour elle).

    J’ai eu deux bon psy pratiquant l’EMDR et une mauvaise. J’ai fait une liste de ce que mes bons psy faisait avec moi, ça peut peut-être t’aider pour voir avoir une idée :

    • Avant de commencer l’EMDR on cherche une certaine stabilité relative, perso j’appellerais plutôt ça une instabilité auto-gérable. Ca peut être dur et retourner un bon moment après la séance. D’ailleurs, je prévoit rien d’autre le jour ou j’ai une séance car je suis trop mal après et parfois ça peut durer plusieurs jours voir plus d’une semaine. Un bon thérapeute commencera par voir avec vous si vous pouvez encaisser ça dans l’immédiat où si il vaut mieux commencer par travailler sur d’autres choses qui aident à se stabiliser et se gérer.
    • Le thérapeute commence par faire un liste de tous les souvenirs traumatiques précis (ça peut être long) et leurs chronologie. Parfois on peut utiliser des souvenirs mélanger et peu précis, mais les souvenir uniques et clairs sont plus pratiques.
    • La base de l’EMDR doit commencer par la mise en place et l’enrage d’un « lieu sure » au quel on retourne si c’est pas gérable ou fin de séance pour se sentir mieux. C’est une sorte d’exercice de visualisation d’un souvenir ou vous vous sentiez safe.
    • La théorie voudrait qu’on commence par aborder les souvenir les plus ancien, mais si c’est les plus hardcore, un bon thérapeute on préféra commencer par des souvenirs plus « tranquilles » histoire d’y aller doucement. Instaurer la confiance et d’être un poil plus stable avant de retourner le tas de fumier puant, histoire qu’il prenne pas feux ou qu’on puisse maitriser le feu. (Es-ce que le fumier peut prendre feu ? Je ne sait pas…)
    • Un souvenir se finit rarement en une séance il faut souvent continuer sur plus seances qui se suivent. Il y a globalement une continuité logique entre les séance.
    • On vous demandera toujours votre accord sur le souvenir qu’on choisis d’aborder, si vous souhaitez et vous sentez capable de faire la séance d’EMDR.
    • Même si c’est pas idéal, vous aurez toujours la possibilité d’arrêter si c’est trop et de clore par des exercices re-stabilisants.
    • Si un souvenir est aborder il ne devrait pas être lâché avant d’être clos, c’est à dire qu’on n’y attache plus toutes les émotions et croyance négative sur nous même dans le présent. Après en pratique ça peut être plus compliqué notamment dans un traumas complexe, car certains souvenir sont inter-connectés et peuvent se nourrir les uns les autres. Parfois on gardera une charge émotionnelle sur un certain souvenir tan qu’un certain nombres d’autres liés ne seront pas abordés. Ca rend le processus plus confus et moins dichotomique. Mais pour ma part même si la charge émotionnelle est parfois toujours présente, bin c’est déjà mieux après s’en être occuper en EMDR. On peut toujours y revenir plus tard dessus si besoin.
    • Si en fin de seance vous ne vous sentez pas bien, le psy ne devrait pas vous lâcher comme ça, mais faire un exercice type « lieu sure » pour vous apaiser.

    J’ai surement oublié des choses, si tu veux rajouter des trucs hésite pas à me contacter.

    On sait pas trop comment ça marche, mais le but et de faire passé le souvenir traumatique qui est resté kéblo dans la mémoire immédiate (d’où les flashback et autres symptômes comme si vous y étiez encore) pour le ranger dans la mémoire à long terme. Ca sera jamais comme si ces évènements n’avait jamais existés, mais vous devriez moins les revivre et les ressentir comme si c’était encore le présent. En gros, on essaye de leurs faire reprendre leur place dans le passé.

    Du coup on fait ça en balançant son attention de gauche à droite. Soit en regardant les doigts du psy bouger (ça fonctionne bien chez moi, mais c’est dur de se concentrer les yeux ouverts et ça fait mal au crane et aux yeux), soit en écoutant un son dans un casque à gauche puis à droite (mon attention a tendance à totalement occulter le son), soit en croisant ces bras et en tapant alternativement ses mains, gauche puis droite, sur les épaules ou sur les cuisses selon la préférence (c’est mon préféré ont peut fermer les yeux pour se concentrer et on est obligé de suivre l’alternance gauche droite).

    D’ailleurs les séances peuvent très bien se faire en visio. Pour moi c’est plus facile d’aborder des sujet difficiles chez moi, dans mon cocon, en sachant que je peut aller me reposer directement après sans avoir à gérer un trajet.

    L’EMDR n’a pas eu un effets immédiat chez moi. A un moment j’ai sentis comme un peu d’énergie et de confiance qui c’est débloqué pour faire les choses qui me tiennent à cœurs et… aborder d’autres problèmes que j’avais consciencieusement glissé sous le tapis. C’est un cycle qui parait un peu infinis à ce stade, mais je crois que j’ai pas le choix de le continuer d’aborder les problèmes et de nettoyer petit à petit sous mon tapis pour continuer de vivre en pétant un peu moins des câbles.

    Bref… L’EMDR pour moi ça aide, mais ça marche pas pour tout le monde, c’est intense, c’est très cher, ça peut être très long et c’est pas le seul outil. Ya notamment plein de choses que j’ai mis dans cet article.

    Si ça vous tente prenez le temps de bien choisir votre psy. N’hésitez pas à en changer autant que nécessaire, pour éviter de faire plus de dégâts et trouver celui qui vous aidera vraiment.

    Et j’ai oublié de dire que en soit on est même pas obligé de parler du trauma qu’on aborde avec le psy pour que ça marche, même si c’est plus simple.


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